Quand un client ne paie pas malgré les relances, des options existent, du plus souple au plus contraignant, mais pas toujours avec garantie, malheureusement lorsqu’il s’avère que le client n’est pas solvable :
1. La relance amiable et la mise en demeure
Première étape incontournable : les courriers de relance puis, si on n’obtient pas de résultat, un courrier de mise en demeure qui formalise la demande et fait courir les intérêts de retard.
2. L'injonction de payer
Procédure judiciaire classique : le créancier saisit le tribunal, qui peut délivrer une ordonnance sans débat contradictoire. Efficace, lorsque le client est solvable mais plus lente car elle nécessite un passage devant le juge.
3. La procédure simplifiée des "petites créances" (article L.125-1)
Réservée aux créances inférieures à 5 000 €, mise en œuvre par un commissaire de justice, mais elle exige l'accord express du débiteur — ce qui la rend peu efficace face à un mauvais payeur qui ne coopère pas et débouche, de fait, souvent sur une injonction de payer classique.
4. Nouveauté 2026 : la procédure de recouvrement des créances commerciales incontestées
C'est le changement le plus important de l'année pour les TPE/PME créancières. La loi n° 2026-307 du 23 avril 2026 crée une procédure entièrement extrajudiciaire, réservée aux créances commerciales entre commerçants (donc pour du B2B, sur factures non contestées). Concrètement : le créancier mandate un commissaire de justice, qui délivre un commandement de payer ; à défaut de contestation du débiteur dans le délai prévu, le créancier obtient directement un titre exécutoire, sans passer devant un juge.
Deux points la distinguent nettement de l'ancienne procédure "petites créances" : elle n'est pas plafonnée en montant, et surtout, les frais de la procédure sont à la charge du débiteur et non plus du créancier — ce qui change complètement l'équation coût/bénéfice pour une entreprise qui hésite à agir.
Le (gros) bémol : si la loi est entrée en vigueur le 25 avril 2026, son application reste, à ce jour, suspendue à la publication d'un décret en Conseil d'État. A l’heure où nous écrivons ces lignes, elle n’est donc toujours pas applicable.